Pierre de Laitre

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S’il ne devait en rester qu’un. On l’a longtemps cru. La pierre de Laitre : premier et dernier spot du département. L’essence du bloc sur le territoire.

Historiquement d’abord, les premières ouvertures remontant à la deuxième moitié des années 90, dans la foulée de celles effectuées l’été précédent à la Pierre d’Appel par le petit groupe mené par Michaël, réalisations qui à notre connaissance constituent les tout premiers balbutiements de la pratique si l’on écarte les problèmes ouverts à la carrière Collot par ces mêmes grimpeurs dans l’esprit de ce que Ben Moon et Jerry Moffat faisaient à Raven Tor. Géographiquement ensuite, eu égard à sa position dans les environs de Saint-dié, épicentre de la zone, ainsi qu’à la situation de l’affleurement pareil à une fortification au sommet d’une colline boisée, dominant les environs, un trait topologique typique du coin bien qu’ici le sentiment que la pierre témoigna de ces époques lointaines où sorcières, celtes, fréquentaient ces forêts, fut plus difficile à contenir.

Eu égard au grès lui-même, d’un grain inégalée par endroits. Voir les réglettes de Théorème pour exemple, un jour de léger vent, par une dizaine de degrés, les Vosges ayant elles aussi leur « collante ». Ou bien les deux mono-doigt au départ des Pourparlers. Relativement à la qualité des ouvertures enfin, plusieurs des lignes du secteur figurant parmi les plus belles, difficiles et audacieuses ouvertes ces 20 dernières années.

Avec trois problèmes dans le huitième degré, une majorité dans le septième, la Pierre de Laitre semblerait ne devoir séduire que les plus expérimentés. Bien mal pourtant aura pris celui qui, évoluant dans le 6a/b disons, aura évité le détour. Des non-grimpeurs en attesterons. Ne serait-ce que pour le cadre, ces blocs colossaux empilés les uns au-dessus des autres comme en un jeu de construction à l’équilibre provisoire, pour les arbres et les mousses, et pour les myrtilles en été et les champignons à l’automne, les 20 minutes de marche d’approche se justifient bien. Du reste des passages abordables existent. Dispersés ci et là, ils constituent un circuit intéressant par sa diversité technique, et qui, sinon pour deux ou trois lignes, présente des réceptions dénuées de risque.

Un cas différent occupera le grimpeur chevronné. En arrivant au sommet de la Pierre il se trouvera nez à nez avec Ordalie. Un des monuments du pays. Libéré par Steven Vitry en 2014 seulement. Une ligne majestueuse dont la beauté austère ne manque jamais d’impressionner, vingt ans pas loin après l’avoir découverte en compagnie de Michaël, lui-même mis au parfum par Manu Marin à qui revient d’avoir pour la première fois rêver de grimper en ces lieux.

Qualité remarquable du grès et des prises, ampleur, difficulté, Ordalie a tout d’une reine. Le roi lui cherche sa couronne quelques dizaines de mètres en contrebas. Les 5 mouvements du Roi sans couronne, dans un tout autre style qu’Ordalie, plutôt déconcertant, vaudraient eux aussi 8a ; le dernier passage dans cette cotation se trouvant être Tsim-Tsoum, un voyage en 17 mouvements débutant par une section athlétique sur de magnifiques réglettes pour finir au sommet des 6 mètres d’un mur dont le bas comporte un mouvement atypique qui reste sans doute comme le crux de toute la ligne.

Ce passage comme d’autres qui furent réalisés ou remaniés ces dernières années témoignent de l’élargissement de l’horizon des possibles que l’utilisation du crash-pad a engendré, les pratiquants regardant avec un œil neuf des passages jugés jusqu’alors suicidaires. Il ne saurait pour autant leur retirer tout risque et nier toute utilité à la parade.

En attendant le topo définitif, en voici une version simplifiée

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